«Un sueño que tengo muy a menudo / Un rêve que j’ai si souvent», por Norberto Gómez (bilingüe español – francés)

Celebración Intersex, por Amets Suess Schwend

Contexto

Este sueño es recurrente desde hace muchos meses. Aproximadamente desde que encontré una segunda serie de papeles donde había dos informes, ambos extensos y pormenorizados que los cirujanos le entregaron a mis padres luego de las cirugías de mutilación genital intersex a mis 4 y 13 años. Si bien se lo entregaron a mis padres, es obvio que estaban dirigidos a médicos por el lenguaje especializado que se utilizó.

Los encontré, estos últimos, luego que muerta una tía muy querida, fui a sacar pertenencias, papeles, ropa… Y en un armario, en unas bolsas de plástico dentro de una caja, estaban estos nuevos papeles. Nuevos para mí.

Realicé nuevos estudios médicos especialmente endocrinológicos y diagnósticos por imágenes, pues lo allí encontrado agregaba que mi 47 XXY tenía especificidades muy poco habituales. Contaré esto cuando un testimonio «in process» de mi historia intersex que estoy escribiendo, decida publicarlo.

Este es el contexto de mi sueño reiterado. Me suele pasar que a veces sueño en lengua francesa, otras en español y muchas veces en una mixtura francés-español.

Este sueño que escribo parece breve, pero tengo la impresión de soñarlo durante largas horas de mi dormir, hablado en esa mixtura de lenguas. Imposible transcribir la manera en que se produce este entretejido de lenguaje.

Contexte

Ce rêve est récurrent depuis de nombreux mois. Depuis que j’ai trouvé une deuxième série de papiers où il y avait deux rapports, tous les deux étendus et détaillés, que les chirurgiens ont remis à mes parents après les opérations de mutilation génitale intersexe à mes 4 et 13 ans. Bien qu’il ait été remis à mes parents, il est évident qu’ils étaient adressés à des médecins en raison du langage spécialisé utilisé.

Je les ai trouvés, ces derniers, après la mort d’une tante très aimée, je suis allé prendre des affaires, des papiers, des vêtements… Et dans un placard, dans des sacs en plastique dans une boîte, il y avait ces nouveaux papiers. Nouveaux pour moi.

De nouvelles études médicales, notamment endocrinologiques et des diagnostics par images, j’ai trouvé que mon 47 XXY avait des spécificités inhabituelles. Je raconterai ça quand un témoignage «in process» de mon histoire intersexe que je suis en train d’écrire, je décide de publier.

C’est le contexte de mon rêve répété. Il m’arrive souvent de rêver en français, parfois en espagnol et souvent en un mélange français-espagnol.

Ce rêve que j’écris semble bref, mais j’ai l’impression de le rêver pendant de longues heures de mon sommeil et parlé dans ce mélange de langues. Impossible de transcrire la manière dont cette combinaison de langues s’est produite.


Versión del sueño en lengua española

He sido pintarrajeade, por un sueño insistente y similar en estos últimos meses. Como desde un aquelarre, me arrancaban algo de mi vientre, algo que no quería pues era mío, en una sala parecida a un quirófano atade con las piernas abiertas y los brazos extendidos como Tupac Amaru.

Me cortaban de una ingle a la otra, y me arrancan algo de mi vientre. Con una hidrolavadora pequeña limpiaban lo que había quedado, y allí se escuchan los gritos de los cirujanos, como supongo los colonizadores gritaban luego de creer ganada la conquista: «¡no le quedó más nada de sus ovarios!”. 

Este sueño que se repite, culmina con mi andar en un desierto, como nómade destripade y expulsade de mi aldea. Llegó el momento de escribir, así parece, un testimonio «in process»: el relato del devenir es acontecimiento, y también, líneas de fuga.

Celebro ser una persona intersex.


Version du rêve en langue française

J’ai été peinturluré.e, pour un rêve insistant et similaire au cours des derniers mois. Comme dans un clan, on m’enlevait quelque chose que je ne voulais pas parce qu’il était à moi, dans une salle d’opération ligoté.e avec les jambes écartées, et les bras tendus comme Túpac Amaru.

Ils me coupaient d’une aine à l’autre, et ils arrachent quelque chose de mon ventre. Avec une petite machine à laver ils nettoyaient ce qui restait, et là on entend les cris des chirurgiens, comme je suppose les colonisateurs criaient après avoir cru gagné la conquête: <<Il n’a plus rien de ses ovaires!>>.

Ces rêves qui se répètent, culminent avec ma marche dans le désert comme nomade éviscéré.e et chassé.e de mon village. Il est temps d’écrire un témoignage «in process»: le récit du devenir est événement, et aussi lignes de fuite.

Je célèbre d’être une personne intersexe



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